Mettre en place un prêt de trésorerie : pour quel montant et selon quelles modalités ?

Nous vivons une situation extraordinaire et vous devez anticiper les mesures à mettre en place. La fermeture de vos entreprises va entraîner des pertes d’exploitation importantes que les mesures de chômage partiel ne suffiront pas à enrayer.

Il est indispensable de mettre en place un financement supplémentaire. Les mesures fiscales et sociales annoncées, et les décalages de remboursement de prêts ne seront pas suffisants. Il est important de faire des prévisions de trésorerie, d’évaluer le besoin généré par cette situation extraordinaire et d’appeler votre banquier pour lui demander soit un découvert supplémentaire, soit un prêt à moyen terme.

La Banque Centrale Européenne, l’Etat Français par le biais de BPI France et les régions annoncent des plans de soutien à l’économie. Votre banquier va tout faire pour vous aider à obtenir des moyens pour sauver votre entreprise, et c’est aussi son intérêt.

Avant de solliciter votre banquier, il convient d’estimer le montant total du financement à demander qui se décompose en deux parties :

  • La perte d’exploitation pendant la période de crise,
  • Les besoins de trésorerie à court terme jusqu’à la reprise.

Nous vous proposons d’évaluer la perte d’exploitation de la façon suivante :

+ Perte de marge brute sur la période considérée (taux de marge appliqué au chiffre d’affaires HT habituellement réalisé pendant la période),

– Economie de salaire réalisée (différence entre le coût des salaires de la période diminuée de la prise en charge par l’état via le dispositif d’activité partielle)

= perte d’exploitation

Cette perte d’exploitation va directement impacter les fonds propres de votre entreprise, c’est pourquoi nous vous conseillons de la financer par une ressource moyen terme : un prêt de trésorerie remboursable sur une durée de 5 à 7 ans.

Ensuite, il faut s’assurer que la trésorerie disponible à ce jour, augmentée du prêt de trésorerie mis en place précédemment, vous permettront de faire face à toutes les échéances jusqu’à la reprise d’activité :

L’évaluation de la trésorerie disponible s’établit de la manière suivante :

+ solde bancaire

+ découvert autorisé

+ prêt de trésorerie obtenu

= trésorerie disponible

Ce solde de trésorerie disponible doit être confronté aux décaissements à venir, que vous pouvez estimer en additionnant les postes suivants :

+ balance fournisseurs

+ frais généraux qui n’ont pu être décalés

+ reste à charge sur les salaires (différence entre le coût des salaires de la période diminuée de la prise en charge par l’état via le dispositif d’activité partielle)

+ décalage entre le paiement des salaires et le remboursement de l’activité partielle obtenu de l’Etat (délai annoncé de 15 jours… vu le volume de dossiers à traiter, mieux vaut être prudent et prévoir un mois).

= total des décaissements jusqu’à la reprise d’activité.

Il convient de vérifier que la trésorerie disponible permet de faire face à tous les décaissements jusqu’à la reprise d’activité. Si tel n’est pas le cas, l’augmentation du découvert autorisé ou l’ouverture d’un billet de trésorerie doit être envisagée.

Ainsi la perte d’exploitation aura été financée par du moyen terme et le BFR exceptionnel par du court terme, que vous pourrez rembourser quand tout sera rentrée dans l’ordre.

Les règlements fournisseurs doivent être intégrés dans vos prévisions de trésorerie. Ils auront eux aussi à financer leur perte d’exploitation, n’ajoutez pas à leur difficulté en retardant leur paiement. Il est nécessaire que chacun fasse l’effort afin que tout le monde puisse repartir au mieux après la crise.

Synthèse des différents dispositifs de financement proposés

La fédération des Banques Françaises a annoncé dès le 15 mars un plan de mobilisation des banques se traduisant par différentes mesures d’urgence à destination des entreprises :

  • L’octroi rapide (sous 5 jours) de crédit pour les situations de trésorerie tendue,
  • Le report des échéances de crédit jusqu’à 6 mois, sans frais ni pénalités.

L’état est venu renforcer ce dispositif en accordant, via BPI France, un fonds de garantie d’une valeur de 300 millions d’euros, permettant de garantir jusqu’à 90% des prêts de trésorerie (découverts ou prêts moyen termes). BPI France peut également accorder des prêts à taux zéro, sans garantie de 10 K€ à 5 millions d’euros.

La région des Pays de la Loire a également débloqué des fonds pour accompagner les entreprises en termes de trésorerie :

  • Des subventions avec le dispositif « Pays de La Loire Urgence Solidarité », destinées aux artisans, commerçants, restaurateurs, TPE et entreprises de l’économie sociale et solidaire, connaissant des difficultés de trésorerie,
  • des prêts « Rebond », à taux zéro, d’un montant de 10 K€ à 300 K€ pour les PME,
  • le report des échéances des avances remboursables en cours pour les 6 prochains mois,
  • des garanties de prêts portées à 80% (au lieu de 70% actuellement) avec le dispositif « Pays de la Loire Garantie » pour les entreprises de toutes tailles,
  • des prêts de trésorerie de 50 à 500 K€ au taux TEG de 2,03%, sans garantie ni coût additionnel, pour les PME et ETI grâce au dispositif « Pays de La Loire Redéploiement »,
  • un fonds de subventions, plafonné à 30 K€, pour les associations organisatrices événements culturels et sportifs, durement touchés par l’annulation ou la baisse de fréquentation.

article rédigé en vertu des dispositions connues à ce jour (24/03/2020)

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